How to solve a problem like papa

Sometimes the Voltaire Foundation’s infamous ‘yellow folders’ throw up complete mysteries! The job of the researcher thus resembles that of the detective. And just as detectives now use technology, the advances of digital humanities allow researchers to investigate cold cases by previously unavailable means.

Housed in the bowels of the VF, the yellow folder is the gathering of potentially useful information compiled over the years in advance of the preparation of a volume of the Complete Works of Voltaire. Volume 83’s folder contained a photocopy of the following verse, a manuscript in the hand of Voltaire:

Pour vous, Papa, j’ai tenté l’impossible

Ma voix est fausse & n’a pu vous chanter

Mes vers sont durs, mais mon cœur est sensible,

Seul avec vous il pourra m’acquitter

The editors of this volume – which is entirely devoted to Voltaire’s undated verse – were thus given to believe these four lines should be considered for inclusion in Voltaire’s undated poetry. Yet the incipit does not exist in any bibliographical source.

A simple Google search for ‘Pour vous, Papa, j’ai tenté l’impossible’ offers no clues. Search engines are of no use for combinations of the other verse either. Until, that is, one accommodates for the imperfections of Optical Character Recognition (OCR) that Google uses to search un-encoded text. As readers of gothic script know, ‘f’ and ‘s’ are often confused – OCR makes this same confusion. So a revised search term of ‘mes vers font durs’ was entered into Google (other search engines are available!) Result!

The verse appeared in the Courier du Bas-Rhin on Wednesday 27 October 1767 (no. 35, p. 278). Here, it is stated that the verse is by M. Dupuis, who ‘présenta ensuite ces vers à M. de Voltaire’ on the evening of the 3rd October 1767, the eve of ‘saint François’, Voltaire’s saint’s day fête (François-Marie).

The verse is thus by Dupuis, who is described in the footnotes of the Courier du Bas-Rhin as a former Cornet of Dragoons. This is Pierre-Jacques Dupuits de Maconnex, later Pierre-Jacques-Claude Dupuits de La Chaux (1739[?]-1805[?]). This Dupuis (also Dupuits, Dupuit) married Corneille’s ‘niece’ – Voltaire’s ‘adopted daughter’ – Marie-Françoise Corneille on 9 February 1763. Voltaire refers to Dupuis as his ‘gendre’ (son-in-law) in the Correspondence (D10956). Thus the ‘Papa’ in the poem is Voltaire, and not Voltaire’s own father.

The only remaining mystery, then, is how this came to be with a collection of autograph poems of Voltaire. The manuscript has an inscription which reads MA635. An expert at the VF identified this as a Pierpont Morgan shelfmark. The extremely helpful staff at the Pierpont Morgan Library (New York) confirmed that this poem was held in a collection with other autograph poems by Voltaire which were recited that evening (and are now published in OCV, vol.63b, p.591). One can only hypothesise that Voltaire was touched enough by the verse his ‘son-in-law’ had composed for him that he thought it worthy of being recorded for posterity, or indeed a report to the Courrier du Bas-Rhin, or other intermediate journal, such as the Correspondance littéraire, where other poems from the fête of 4 October 1767, but not Pour vous, papa, appeared in the edition of 15 October 1767.

And thus the case is closed!

–Nick Treuherz

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L’Autoédition: phénomène récent depuis le XVIIIe siècle

Saury

Saury, Des moyens que la saine médecine peut employer pour multiplier un sexe plutôt que l’autre (Paris, l’auteur, 1779)

L’automne dernier, les auteures à succès Arlette Cousture et Marie Laberge ont semé l’émoi dans la communauté du livre au Québec en décidant de tourner le dos à leurs éditeurs et de publier à leur compte, directement sur leur site internet personnel. Pour les libraires, il s’agissait ni plus ni moins qu’une véritable ‘trahison’ de la part de ces deux romancières.

Cette récente controverse ainsi que l’omniprésence des médias numériques qui chamboulent depuis quelques années les circuits habituels de l’édition nous amènent à nous questionner sur les rôles culturels, professionnels et commerciaux que jouent les auteurs, les éditeurs et les libraires dans la société. Si ce débat refait particulièrement surface alors qu’un nombre croissant d’auteurs s’autoéditent un peu partout dans le monde, il n’est pourtant pas nouveau!

Déjà en 1759, Malesherbes, alors Directeur de la librairie, déclare que, contrairement à la loi qui dicte alors que seuls les libraires ont le droit en France de vendre des livres, ‘Ce sont les auteurs, qui, suivant le droit naturel, devraient tirer tout le profit de leurs ouvrages, en ayant la faculté de les vendre eux-mêmes.’ D’ailleurs, comme le demande Arlette Cousture dans une entrevue accordée à Radio-Canada, pourquoi devrait-il être honteux pour un auteur de vouloir maximiser les revenus de l’écriture, de garder la mainmise sur l’édition et la diffusion de ses œuvres?

Felton-bookcoverAu XVIIIe siècle, dans la foulée du procès qui oppose la communauté des libraires de Paris et Luneau de Boisjermain, accusé de vendre ses propres livres en 1768, Diderot se demande également: ‘N’est-il pas bien étrange que j’aie travaillé trente ans pour les associés de l’Encyclopédie; que ma vie soit passée, qu’il leur reste deux millions, et que je n’aie pas un sol?’

Dans mon livre Maîtres de leurs ouvrages: l’édition à compte d’auteur à Paris au XVIIIe siècle, on découvre que ce sont des centaines d’auteurs qui, déjà au siècle des lumières, ‘s’autoéditent’. Profitant particulièrement de la nouvelle loi qui permet aux auteurs de vendre leurs ouvrages en toute liberté dès 1777, un nombre jusqu’ici insoupçonné d’écrivains de toutes sortes publient à leurs dépens de façon à conserver les droits de leurs œuvres et de les vendre directement aux lecteurs, ‘À Paris, Chez l’Auteur’. Malgré tous les risques et les défis qu’une telle entreprise comporte alors, le jeu n’en valait-il pas la chandelle?

La Beaumelle title page

La Beaumelle, Mémoires pour servir à l’histoire de Madame de Maintenon (Amsterdam, l’auteur, 1755).

Dans une lettre qu’il adresse à son frère, Laurent Angliviel de La Beaumelle, qui édite quelques ouvrages à son compte, écrit: ‘Mon édition de Maintenon m’a endetté jusqu’aux oreilles; je n’ai pas le sou […] mais si Maintenon réussit, je ne serai point mal. […] Vous me grondez d’avoir fait imprimer à mes dépens: jusqu’ici je m’en suis bien trouvé, & qui m’auroit payé mon manuscrit? on ne m’en auroit pas donné 400 L.’

–Marie-Claude Felton