Beaumarchais à l’agrégation

Le Barbier de Seville

Le Barbier de Séville, II, 14 (le comte déguisé en soldat entre Rosine et Bartholo) / Par Jean Fabien Gautier, l’aîné, extrait de Beaumarchais, Œuvres complètes, 7 tomes, Paris, L. Collin, 1809 / Image César.

La publication du programme d’agrégation dans le Bulletin Officiel est toujours pour moi à la fois source de soulagement et d’inquiétude: soulagement parce qu’on a enfin confirmation du sujet alors que des bruits circulent depuis des mois; inquiétude parce qu’il va bien falloir s’y mettre et que, tous les étés, depuis le programme Chénier en 2005-2006, mes “vacances” sont prises par la préparation d’un cours pour des étudiants de haut vol, candidats à un concours prestigieux dont les origines remontent à l’Ancien Régime. Il faut, en quelques mois, lire et relire des textes qu’on ne connaît pas forcément bien – voire pas du tout: j’ai découvert le Cleveland de Prévost à l’occasion de l’agrégation en 2006 – et prendre connaissance des essentiels de la critique.

J’aurais aimé, en 2015-2016, plus d’audace de la part des prescripteurs – quand mettra-t-on par exemple Zaïre de Voltaire au programme? La trilogie a déjà été au concours. Le choix de Beaumarchais n’a surpris personne. Cela dit, l’avantage de ce programme est de faire travailler les agrégatifs sur des pièces magnifiques. Elles pourront servir aux lauréats du concours, quel que soit le niveau de leurs classes.

Le Mariage de Figaro

Le Mariage de Figaro, I, 9 (la scène du fauteuil) / Par Jacques Philippe Joseph de Saint Quentin et Claude Nicolas Malapeau, extrait de Beaumarchais, La Folle Journée ou Le Mariage de Figaro, Paris, Ruault, 1785 / Image César.

Pour préparer un cours d’agrégation, mon premier outil est toujours la bibliographie du Bulletin de la Société Française d’Étude du XVIIIe Siècle (SFEDS). Il est toujours agréable de découvrir des analyses pertinentes des ouvrages prescrits. L’un de mes plaisirs a été de lire, parmi les ouvrages de fond, celui de Jacques Scherer: La Dramaturgie de Beaumarchais n’a pas pris une ride depuis sa publication en 1954. Un autre de lire les écrits de spécialistes contemporains – dont bien sûr ceux de Jean-Pierre de Beaumarchais – je me souviens à ce propos d’une anecdote racontée par une collègue de classe prépa: elle invitait des conférenciers pour parler des œuvres sur lesquelles elle faisait cours. Le jour où elle a annoncé que M. de Beaumarchais (en personne) allait venir parler de la trilogie, les étudiants se sont demandés si sa langue avait fourché ou si elle se proposait de faire parler le fantôme du dramaturge!

Comme le montrent les travaux de ce collègue, qui a eu accès aux archives familiales, les trois pièces sont des textes qui procurent de véritables bonheurs de lecture et, comme toute grande œuvre, ils sont inépuisables: il y a toujours quelque chose de nouveau à découvrir, parfois dans des détails. L’accès à des bases de données en ligne comme JSTOR permet de faire à distance (au fin fond du Gers en ce qui me concerne) certaines lectures préparatoires comme celle du bel article de Christiane Mervaud sur le “ruban de nuit” de la comtesse paru dans la RHLF en 1984.

Outre la critique existante, le programme d’agrégation suscite la publication d’ouvrages ad hoc, parfois destinés spécifiquement aux candidats (comme l’ouvrage dirigé par J.– M. Gouvard, ou un cours prévu aux PURH, ou encore le volume Atlande revu), alors que d’autres ont une ambition plus large comme le recueil de Sophie Lefay pour Garnier. Le site Fabula est toujours un bon point de départ pour suivre l’actualité des publications et colloques.

La Mere coupable

La Mère coupable, V, 7 (la lettre) / Par Jean Fabien Gautier, l’aîné, extrait de Beaumarchais, Œuvres complètes, 7 tomes, Paris, L. Collin, 1809 / Image César.

La dimension théâtrale permet d’envisager des prolongements agréables. Le site César répertorie l’histoire des représentations et quelques illustrations. Souhaitons aux candidats de voir jouer les pièces. On en trouve des versions en ligne comme Le Barbier de Séville de Jean Pignol (qui ne respecte pas l’unité de lieu), tourné à Séville en 1980. On a accès, sur youtube, à plusieurs versions du Mariage de Figaro. La Mère coupable, la mal aimée des trois pièces, est moins facile à retrouver. Finalement, pour passer un bon moment, on peut se détendre en regardant Beaumarchais l’insolent, le film de Molinaro qui montre que la vie du dramaturge fut… un véritable roman!

– Catriona Seth (octobre 2015)

 

 

 

Liste des articles et ouvrages consacrés à Beaumarchais et à son œuvre (VF).

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