Voltaire en notre temps : le Cellf et la Voltaire Foundation

Sylvain Menant est professeur émérite à Sorbonne Université, ancien directeur du Cellf, il est, depuis 1988, membre du Conseil scientifique des Œuvres complètes de Voltaire, pour lesquelles il a signé de nombreuses éditions critiques dont celle des Contes de Guillaume Vadé en 2014.

La Voltaire Foundation, à Oxford.

La Voltaire Foundation, à Oxford.

L’acronyme « Cellf » désigne le « Centre d’étude de la langue et des littératures françaises », centre de recherches de l’Université Paris-Sorbonne (fondue depuis le 1er janvier 2018 dans Sorbonne Université) et du Centre National de la Recherche Scientifique. Jusqu’à une période récente, ce centre de recherches était spécialisé dans l’étude des XVIIe et XVIIIe siècles. Son prestige a amené les autorités de tutelle à élargir ses compétences à tous les siècles, sous la direction du Pr Christophe Martin. Cet élargissement n’a en rien nui à l’étude des XVIIe et XVIIIe siècles, que nous considérons comme « un siècle de deux cents ans »[1], étude qui rassemble de nombreux professeurs, chercheurs à temps plein, chercheurs associés et doctorants. Ils se réunissent dans quelques salles de travail au deuxième étage de la Sorbonne, au milieu des livres et des machines. Par les hautes fenêtres, on aperçoit, juste en face, de l’autre côté de la rue Saint-Jacques, le collège (aujourd’hui lycée) Louis-le-Grand où le jeune Arouet, futur Voltaire, fut élève des Pères jésuites. Le Cellf a célébré cette année son cinquantième anniversaire par un colloque de trois jours où ont été évoquées ses recherches passées, présentes et à venir, complété par des festivités diverses. Il a tenu à associer la Voltaire Foundation à cette célébration ; elle y a été représentée par l’un de ses membres actifs, Gillian Pink, qui a pris la parole ; elle a participé à la mise au point de nombreux volumes tout en préparant une excellente thèse soutenue en 2015[2].

Réunion du Conseil scientifique des Œuvres complètes

Réunion du Conseil scientifique des Œuvres complètes de juin 2016. Assis, de gauche à droite: Marie-Hélène Cotoni, Christiane Mervaud, Jeroom Vercruysse; debout, de gauche à droite: Gérard Laudin, Gerhardt Stenger, Nicholas Cronk, John R. Iverson, Sylvain Menant, Russell Goulbourne, François Moureau.

Depuis sa création, le Cellf, par le nombre de chercheurs spécialisés qu’il a accueillis et le nombre de thèses soutenues, par le nombre des publications et des colloques, est le principal centre mondial de recherches sur Voltaire et de formation de jeunes voltairistes. La Voltaire Foundation, devenue un organe de l’Université d’Oxford après avoir été implantée à Genève, est le prestigieux centre d’édition d’une collection complète des œuvres de Voltaire et de travaux critiques sur cet écrivain et son temps. Les deux institutions, de nature et d’objet différents et complémentaires, entretiennent depuis longtemps une féconde et cordiale collaboration. De nombreux chercheurs appartiennent aux deux institutions et y jouent un rôle actif. Symboliquement, le Conseil scientifique des Œuvres complètes de Voltaire publiées à la Voltaire Foundation tient sa réunion annuelle dans les murs du Cellf, souvent sous la présidence d’un membre de notre laboratoire. Symétriquement, nous sommes nombreux à traverser la Manche pour participer à des réunions de travail ou à des comités, faire des recherches dans les riches fonds de la Bodleian ou présenter une conférence sur tel ou tel aspect renouvelé des connaissances sur Voltaire.

Pourquoi ce titre pour célébrer la collaboration du Cellf et de la VF : « Voltaire en notre temps » ? Loin de nous l’idée de chercher naïvement dans l’œuvre ou la vie de cet écrivain des conseils pour régler les problèmes du monde d’aujourd’hui. Ceux qui crient : « au secours, Voltaire » n’ont lu de son œuvre que des fragments orientés. Tout au contraire, nous avons pour objet depuis l’origine de débarrasser Voltaire des récupérations intéressées dont son œuvre a été l’objet au XIXe siècle, récupération par les monarchistes de ce partisan de l’absolutisme, récupération par les élites de ce contempteur de la « populace » et de cet ennemi de l’instruction populaire, récupération par les sans-Dieu de cet anticlérical. Notre temps est celui d’une approche scientifique neutre du phénomène Voltaire, d’une utilisation des moyens les plus neufs d’approche des textes et des faits, d’une mise à disposition des publics d’aujourd’hui de l’œuvre et de ses arrière-plans. Notre temps est ainsi celui d’une redécouverte d’un Voltaire débarbouillé des lectures partisanes, et enrichi d’une nouvelle et prodigieuse érudition. C’est l’esprit qui anime à la fois les voltairistes du Cellf et ceux d’Oxford.

Leur entreprise est commune depuis le début, et elle commence avant même la création des deux institutions. En 1967 à Saint-Andrews en Écosse, en marge d’une rencontre internationale de spécialistes du XVIIIe siècle, un mécène anglais passionné, Theodore Besterman, lance l’idée de publier une édition complète des œuvres de Voltaire, alors que la plus récente datait de 1875. Besterman, dès ce moment et jusqu’à aujourd’hui au-delà de sa mort, consacre sa fortune à cette entreprise ; il est le fondateur de la Voltaire Foundation. René Pomeau, professeur à la Sorbonne et futur membre important de notre laboratoire dès sa création, fait partie du comité international qui s’engage dans cette tâche immense, qui totalisera environ deux cent volumes. Il recrute des collaborateurs français, surtout parmi ses nombreux élèves, comme Marie-Hélène Cotoni, Jean Dagen, Christiane Mervaud, José-Michel Moureaux, Roland Virolle, une dizaine d’autres, et moi-même. Quand le Cellf est créé, l’équipe des voltairistes, déjà nombreuse, soudée et active, constitue une des pierres angulaires de la nouvelle institution de recherche. Les textes à éditer sont distribués selon les compétences de chacun ; les œuvres les plus volumineuses sont prises en charge en équipe ; les premiers résultats du travail circulent, sont enrichis ou corrigés au passage ; les collaborateurs spécialisés de la Voltaire Foundation contribuent à la chasse aux copies manuscrites, aux vérifications bibliographiques, au relevé des variantes, et assurent une impeccable préparation du texte pour l’imprimeur.

À l’origine, il s’agissait surtout de fournir au public moderne le texte devenu introuvable de l’ensemble des écrits de Voltaire, dont seuls quelques titres, les plus connus, étaient disponibles en librairie. Mais nous étions désireux de partager les découvertes faites au cours de nos recherches d’éditeurs, et conscients des difficultés que présente pour un lecteur moderne, même spécialiste, la foule d’allusions et de sous-entendus dont fourmillent les textes de Voltaire. Bientôt les introductions, les notes, les annexes se multiplièrent, et l’édition est devenue un monument d’une extraordinaire richesse, une somme capable de faire comprendre Voltaire en notre temps, autant que faire se peut.

La Religion de Voltaire.

L’édition, contrairement à toutes celles qui l’avaient précédée, est, on le sait, chronologique. Elle met l’accent sur le lien entre la genèse et la publication des œuvres de Voltaire et ses expériences successives du monde et de la vie. C’est un choix qui crée des problèmes d’édition épineux, mais c’est un choix historique lié aux premières orientations du Cellf et de ses fondateurs. Pour résoudre les contradictions apparentes dans la pensée de Voltaire, que la critique ne cessait de souligner, René Pomeau avait opéré une révolution épistémologique dans sa grande thèse sur La Religion de Voltaire : au lieu d’étudier le système de pensée de l’écrivain, il avait suivi les étapes de son existence, montrant comment sa pensée avait évolué, parfois fluctué, en rapport avec les circonstances. C’est cette démarche que reprenait le projet des Œuvres complètes.

Mais c’est aussi cette démarche qui justifiait un grand projet collectif qui se développa parallèlement et se réalisa tout entier dans les murs du Cellf : une grande biographie renouvelée, intitulée Voltaire en son temps. L’équipe des voltairistes du Cellf réalisa ce vaste travail de 1985 à 1994, de façon largement collective, tous les apports individuels étant préparés par des réunions au Cellf, auxquelles participait parfois le représentant d’alors de la VF, Andrew Brown, et aussi des personnalités comme Jacques Van den Heuvel, André-Michel Rousseau, Jacqueline Marchand. Chaque volume avait son responsable; Jean Dagen et moi, qui devions plus tard diriger le Cellf successivement, avons eu en charge les volumes IV et V. L’ensemble était unifié par une révision de René Pomeau, qui écrivit lui-même par ailleurs d’importants développements. La première édition de ce travail désormais fondamental et partout cité comme la biographie savante de référence fut publiée en cinq volumes successifs à la Voltaire Foundation.

Couverture du premier volume de Voltaire en son temps.

Couverture du premier volume de Voltaire en son temps (Oxford, 1985).

Quand cette biographie fut terminée, les réunions plénières annuelles en juin de l’ensemble de l’équipe ne s’arrêtèrent pas. Nous étions soucieux d’assurer l’avenir des études voltairistes en France et ailleurs. Ces réunions se transformèrent en « journées Voltaire » qui continuent et réunissent les spécialistes de toutes les générations autour des chercheurs du Cellf et les collaborateurs de la Voltaire Foundation, réunis dans une « Société des Études voltairiennes » qui a son siège au Cellf. L’actuel président de la SEV est Nicholas Cronk, directeur de la Voltaire Foundation, marque de notre étroite collaboration. Les « journées Voltaire » sont devenues le cadre d’un colloque annuel à la Sorbonne dont les actes sont ponctuellement publiés aux PUPS, avec le soutien actif du Cellf, dans une revue de bonne diffusion, intitulée Revue Voltaire. Cette année, les 22 et 23 juin, le colloque avait pour sujet « Voltaire du Rhin au Danube » et réunissait de nombreux chercheurs d’Europe centrale. Il était organisé par Guillaume Métayer, brillant chercheur du CNRS au Cellf où il représente la troisième génération de voltairistes puisqu’il a été mon doctorant, alors que j’avais été le doctorant de René Pomeau.

Pendant une dizaine d’années j’ai animé en outre dans la salle Jean Fabre du Cellf un séminaire « Voltaire » hebdomadaire qui accueillait des étudiants avancés, des doctorants de toute nationalité, des étrangers en résidence, et d’autres encore. Ce séminaire très suivi a été honoré des interventions d’éminents spécialistes attachés à d’autres centres actifs, comme André Magnan, président de la Société de Ferney, ou Natalia Elaguina conservateur de la Bibliothèque de Voltaire à Saint-Pétersbourg, qui a été chercheur associé au Cellf ; tous deux ont fait partie de notre équipe « Voltaire en son temps ». Le séminaire « Voltaire » se perpétue au Cellf, notamment ces dernières années sur les œuvres théâtrales et leur réception, sous la direction de Pierre Frantz et de Sophie Marchand, désormais sous celle de Renaud Bret-Vitoz et Glenn Roe, récemment nommés à la Sorbonne et devenus ainsi membres du Cellf.

Dans les années 1960, quand j’ai commencé ma carrière, Voltaire était largement éclipsé, dans la recherche dix-huitiémiste, par Rousseau et par Diderot, qui paraissaient plus tournés vers la modernité. Le Cellf a depuis lors participé à une incontestable révolution. Depuis la création de notre laboratoire, les recherches sur Voltaire y ont été particulièrement fécondes. Dans cette fécondité, le rôle de la Voltaire Foundation a été important, d’abord comme un stimulant parce qu’il fallait que l’édition des Œuvres complètes avance. Elle a si bien avancé, grâce à son maître d’œuvre, Nicholas Cronk, qu’elle est sur le point de s’achever. Si Nicholas Cronk est l’efficace directeur de l’édition, c’est l’un des membres de l’équipe du Cellf, Christiane Mervaud, qui est la présidente d’honneur de l’entreprise. C’est dire notre étroite collaboration. Cette collaboration a porté sur les méthodes, sur les savoirs, sur les interprétations. Si nous proposons à la communauté internationale des chercheurs un Voltaire pour notre temps, c’est que nous nous sommes inlassablement entraidés pour mettre tout le savoir de notre temps au service d’une meilleure connaissance de Voltaire.

– Sylvain Menant

[1] Un Siècle de Deux Cents Ans?, éd. Jean Dagen et Philippe Roger, Paris, Desjonquères, 2004.

[2] Gillian Pink, Voltaire à l’ouvrage, Paris, CNRS éditions, 2018.

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Voltaire Foundation appoints Digital Research Fellow

I am delighted to announce my appointment as Digital Research Fellow at the Voltaire Foundation for the academic year 2017-2018. This is the first Digital Humanities appointment in French at Oxford, and is made possible by the generosity of M. Julien Sevaux and the John Fell Fund. As Digital Research Fellow, I will oversee the creation of a pilot Digital Voltaire project, establishing a dataset that for the first time contains all of Voltaire’s works, including his correspondence, as well as undertake a series of computational experiments around the theme of ‘Visualising Voltaire’.

Voltaire, by Maurice Quentin de La Tour, 1735.

Voltaire, by Maurice Quentin de La Tour, 1735.

As the monumental print edition of the Complete Works of Voltaire nears completion, the Voltaire Foundation is currently preparing the ground for Digital Voltaire, an interactive and innovative digital edition of Voltaire’s Œuvres complètes. The pilot project we are embarking upon will thus bring together two key existing datasets: TOUT Voltaire, developed in collaboration with the ARTFL Project at the University of Chicago; and Voltaire’s letters, drawn from Electronic Enlightenment. The combined dataset will include more than 20,000 individual documents and over 11 million words, making this one of, if not the largest single-author databases available for digital humanities research. This resource, together with a focused research project to scope and understand its potential uses and applications, will enable the Voltaire Foundation to begin to create a conceptual and infrastructural framework for a broader, transformational Digital Voltaire, for which fundraising efforts have already begun.

The Visualising Voltaire project will become part of the soon-to-be-created ‘Voltaire Lab’ – a virtual space for new research experimentation and dissemination centred on Voltaire’s textual output and its relationship to the broader field of eighteenth-century studies. By interrogating the ‘big data’ of Voltaire’s texts at both a macro- and microscopic level, we hope to shed new light on Voltaire’s use of intertextuality, his most commonly used themes and literary motifs, his intellectual networks, and his development as a thinker. This research project will further benefit from close existing ties with the ARTFL Project and the newly-established Textual Optics Lab at the University of Chicago, and with the Labex OBVIL (‘Observatoire de la vie littéraire’) based at the Sorbonne; centres for digital humanities research and development in French studies where much of this type of analysis has been pioneered.

Visualising Voltaire will include a number of literary experiments to test the scholarly and critical value of a combined digital archive of Voltaire’s texts. Following on from the work of Franco Moretti and the Stanford Literary Lab, the project will investigate how we can apply distant reading approaches to this large corpus in order to discover new connections and patterns at scale, and, at the same time, how these new approaches can interact and intervene with our traditional close reading modes of analysis. To this end, we have identified two areas of research that we will pursue in 2017-2018, and that we hope will lead to further projects in the future.

Sequence alignment.

Sequence alignment in the intertextual edition of Raynal’s Histoire des deux Indes, Centre for Digital Humanities Research, Australian National University.

In the first instance, we will focus on Voltaire’s ‘intertextuality’ and how computational techniques such as sequence alignment – borrowed from the field of bio-informatics – can help us better understand the rich complexity of Voltaire’s writing practices. Indeed, one of the major research questions that has arisen from the preparation of the Complete Works of Voltaire concerns Voltaire’s unacknowledged use and reuse of other texts. This takes two forms: the widespread reuse (borrowing/theft/imitation) of works by other writers, and the equally widespread reuse of his own work. This is a huge subject that has never been satisfactorily studied until now.

In a second instance, the completion of the Complete Works of Voltaire on paper has also created the opportunity to provide an index to the whole of his writings, notably using automatic indexing and classification techniques developed in the fields of artificial intelligence and machine learning. In addition to our ‘traditional’ indexes of the paper editions, which can be digitised and leveraged for computational analysis, we will also aim to generate ‘thematic maps’ of Voltaire’s works and correspondence using both supervised and unsupervised machine learning algorithms such as vector space analysis and topic modelling. These sorts of approaches will, we hope, open up Voltaire’s writings in wholly new and exciting ways, creating opportunities for high-profile public engagement activities such as hackathons, and generating new areas of investigation for potential doctoral research students.

Choix de Chansons.

From Jean-Benjamin de Laborde’s Choix de Chansons, 1774 – subject of the ARC Discovery grant ‘Performing Transdisciplinarity’.

And finally, beyond these specific research projects, my role as Digital Research Fellow will entail making and maintaining connections with digital humanities teams both locally and internationally, building on past and current relationships to generate new research initiatives moving forward. We are interested, for example, in establishing a better understanding of the importance of Voltaire’s Enlightenment network and its participation in the larger eighteenth-century Republic of Letters, questions that can be addressed in collaboration with the Center for Spatial and Network Analysis at Stanford, and the Cultures of Knowledge project based in Oxford. The Voltaire Lab can thus become a venue for engaging with other complementary Oxford digital projects, such as the Newton Project, which will allow for broader access as well as further fundamental research. Newton is often seen as the key thinker who sets the agenda for Enlightenment scientific thinking – through his emphasis on empiricism and the experimental method – while Voltaire, the dominant intellectual figure of the Enlightenment, helps to popularise Newton’s scientific method across Europe. Voltaire’s role as a key critic and disseminator of ideas and texts is also an area of research to which digital approaches can bring much to bear, in particular by linking his correspondence to projects such as Western Sydney University’s French Book Trade in Enlightenment Europe and Mapping Print, Charting Enlightenment.

We are equally keen to investigate the deeply interdisciplinary nature of Voltaire’s work beyond the purely literary or even textual, and, more generally, of his role in the often-overlooked interplay of music, images, and text in eighteenth-century print culture. This is in fact the subject of our recently awarded Australian Research Council Discovery Grant, ‘Performing Transdisciplinarity’, which brings together a team of interdisciplinary researchers from the Australian National University, the Universities of Melbourne and Sydney, and Oxford.

The above are just a few of the countless avenues of research opened up by digital approaches to Voltaire’s work and legacy, and to which many more will be added as the larger Digital Voltaire project takes shape over the next few years. As the newly appointed Digital Research Fellow at the VF, I very much look forward to keeping you all informed on the results of these experiments and of the project’s evolution in due course.

– Glenn Roe

Les Œuvres complètes de Voltaire, the first 25 years – the pioneers

OCV – ‘one of the most significant and thoughtful scholarly ventures of the twentieth and twenty-first centuries’ – John Renwick

The idea of publishing the Œuvres complètes de Voltaire is 50 this month. This has made us reflect on the many people who have been – and still are – working to realise this ambitious project in 2019. The current Vf in-house team have all been around at least ten years; however, only one of us was part of the first twenty-five years, so he was asked to write a blog!

Theodore Besterman

Theodore Besterman.

Theodore Deodatus Nathaniel Besterman, in the course of a life of extraordinary intellectual activity, became a passionate voltairien, at one time living in Voltaire’s house, Les Délices, and sleeping in the philosopher’s own bedroom. Whether Besterman’s earlier experience as research officer for the London Society for Psychical Research enabled any special insights through this location is not recorded, but he used his time in Geneva to produce an edition of Voltaire’s correspondence (107 volumes) and Notebooks, as well as starting the series Studies on Voltaire and the eighteenth century (now Oxford University Studies in the Enlightenment). After moving back to England he proposed, at the second congress of the International Society for Eighteenth-Century Studies at St Andrews in 1967 (the Society itself being in part Besterman’s creation), to produce a critical edition of the complete works of Voltaire, an offer enthusiastically received by Jean Ehrard, René Pomeau, Owen Taylor, Samuel Taylor and Jeroom Vercruysse. The Œuvres complètes de Voltaire were born and an international committee formed to direct the edition, including, as well as the above, William Barber (later general editor), Roland Mortier and Robert Niklaus. The Voltaire Foundation was based at Besterman’s house at Thorpe Mandeville in Oxfordshire.

Besterman immediately started a revised edition of the correspondence, to be called the ‘Definitive edition’ (1968-1977), and of the Notebooks, published in 1968. The following year saw the appearance of La Philosophie de l’histoire, edited by J. H. Brumfitt, and in this year too Besterman published his biography of Voltaire, which was to see two revised editions over the following six years, and translations into Italian and German in 1971.

Les Délices

The Maison Les Délices in its garden in Geneva (Wikimedia commons).

1970 saw Owen Taylor’s edition of La Henriade, a revision of his edition published in 1965 in vols 38-40 of Studies on Voltaire and the eighteenth century, this series also being a creation of Besterman while in Geneva. (Owen’s bequest still supports a travel grant established to support young researchers). In the same year Jeroom Vercruysse’s edition of La Pucelle appeared.

Research and publication progressed steadily, helped from 1974 by Samuel Taylor’s detailed recension of Voltaire’s emendations to his own text in the copy of the ‘encadrée’ edition in Voltaire’s own library in Leningrad (SVEC 124). In this year William Barber became general editor. David Williams completed his three-volume edition of the Commentaires sur Corneille and he continues to contribute to the series, most recently in the Nouveaux Mélanges (2017).

1976 brought great changes as Theodore Besterman died and the Voltaire Foundation was bequeathed to the University of Oxford. A small office was set up in Oxford in 1977, consisting of just two people, to be joined the following year by the present writer, whose initial responsibilities were the continuing publication of Ralph Leigh’s edition of Rousseau’s correspondence, which Besterman had also taken on, and the Studies on Voltaire and the eighteenth century series, now with Haydn Mason as general editor.

Publication of the complete works continued, with notably, in 1980, Voltaire’s most famous work, Candide, edited by René Pomeau, who had previously published his study La Religion de Voltaire and who went on to lead the team that wrote Voltaire en son temps, published by the Voltaire Foundation, a rich source for Voltaire studies. The number of international collaborators increased and Christiane Mervaud and Haydn Mason joined the committee. In 1984 La Défense de mon oncle and A Warburton, edited by José-Michel Moureaux, appeared and his work on Lettres sur les miracles will be published in 2018 in collaboration with Olivier Ferret.

Newton

Sir Isaac Newton by Sir Godfrey Kneller, Bt. (Wikimedia commons).

In 1986 Le Droit du seigneur, edited by W. D. Howarth, Haydn Mason’s predecessor at Bristol University, was published and his edition of Le Dépositaire was revised by Russell Goulbourne and published in 2013. In 1987 John Renwick’s edition of André Destouches à Siam appeared in volume 62, and he continues to contribute widely to the series. Roland Mortier, whose Le Philosophe ignorant and L’Examen important de milord Bolingbroke also appeared in volume 62, is thanked for his work on the Fragment d’une lettre du lord Bolingbroke by Jean Dagen, whose edition appears in a volume to be published in 2017; and in 1988 Sylvain Menant joined the committee – his most recent contribution was published in 2014 in Contes de Guillaume Vadé.

Our 25-year survey closes with the publication of Voltaire’s magnum opus of scientific popularisation, the Eléments de la philosophie de Newton, edited by William Barber and Robert L. Walters. William’s editorship ended the following year.

This period saw the idea of a rare individual, who might, some thought, have almost believed himself to be a reincarnation of Voltaire, grow into reality through the collaboration of a large number of scholars in several countries and continents who laid a solid foundation for the next twenty-five years plus. To be continued…

– Martin Smith
Oxford, July 2017

Le Siècle de Louis XIV en alphabet

Page 438 from Voltaire's Siecle.

Voltaire, Le Siècle de Louis XIV, 1re éd. (Berlin, 1751), t.2, p.438.

Il est de ces textes du corpus voltairien qui passent relativement inaperçus aujourd’hui, malgré leur succès au dix-huitième siècle. C’est le cas du ‘Catalogue de la plupart des écrivains français qui ont paru dans le siècle de Louis XIV, pour servir à l’histoire littéraire de ce temps’, de même que des autres listes, d’‘Artistes célèbres’, de ‘Maréchaux’, de ‘Ministres d’État’, des ‘Souverains contemporains’, faisant partie du Siècle de Louis XIV, publiés cette semaine dans le tome 12 des Œuvres complètes de Voltaire.

L’époque de Voltaire était friande de listes. Il n’y a pas que le fameux Mille e tre du Don Juan de Da Ponte et de Mozart: depuis le Moyen Age, on compile toutes sortes de biens, de figures, d’objets et de concepts à l’usage des gens de lettres, des marchands, des orateurs, des juristes, etc., pour soulager la mémoire et pour s’y retrouver dans les méandres de la culture. L’auteur du Dictionnaire philosophique est aussi exemplaire de cette pensée par liste, qui cherche à cataloguer, non tant pour compiler à l’infini comme dans les Cornucopiae de la Renaissance, mais au contraire, selon un esprit à la fois pratique et synthétique, pour rendre le savoir compréhensible et portatif. La chronologie de Hénault (le Nouvel Abrégé chronologique de l’histoire de France, 1749) dont la forme pour un lecteur moderne peut sembler un peu bizarre, se vendait pourtant très bien au dix-huitième siècle.

Sébastien Le Clerc le vieux (1637-1714) d’après Charles Le Brun (1619-1690), Louis XIV, protecteur des arts et des sciences, château de Versailles, inv.grav 16.

Loin d’être une vaine addition érudite de noms propres, le ‘Catalogue des écrivains’ et les autres listes servent à ‘illustrer’ le Siècle de Louis XIV, et ceci aux deux sens du terme: il s’agit à la fois d’exemplifier la thèse que Voltaire développe dans le chapitre 32 du Siècle, ‘Des beaux-arts’, selon laquelle Louis XIV est un grand monarque parce qu’il a encouragé les arts et les sciences, et de mettre en lumière le lustre de son règne, apogée de l’esprit humain, qui supplante tous les autres siècles par l’excellence (et l’abondance) de ses productions d’esprit. La forme du catalogue permet aussi à Voltaire de prendre quelque liberté par rapport au récit officiel du Siècle, offrant la possibilité de jeux de renvois et de polyphonie.

Au fil des rééditions, Voltaire amplifie ses listes: il ajoute de nouvelles entrées, il développe aussi des anecdotes piquantes, cite des vers inédits, répond à des journalistes, polémique avec ses contemporains. S’il n’est pas le premier à avoir produit un dictionnaire des grands hommes du Grand Siècle (Charles Perrault, l’auteur des Contes de ma mère l’Oye, a aussi publié des Hommes illustres en 1696), Voltaire se distingue nettement de ses devanciers, en particulier par le style de ses notices. Faisant rarement dans l’hagiographie, l’historien de la littérature du dix-septième siècle cherche souvent, au contraire, à en souligner les particularités, voire les bizarreries.

Frontispiece

Gérard Edelinck, frontispice des Hommes illustres qui ont paru en France durant ce siècle de Charles Perrault (1696).

On connaît bien Nicolas Boileau, le satiriste traducteur de l’Art poétique et du Traité du Sublime, mais beaucoup moins ses frères, dont Jacques Boileau: ‘Docteur de Sorbonne: esprit bizarre, qui a fait des livres bizarres écrits dans un latin extraordinaire, comme L’Histoire des flagellants, Les Attouchements impudiques, Les Habits des prêtres. On lui demandait pourquoi il écrivait toujours en latin. C’est, dit-il, de peur que ces évêques me lisent; ils me persécuteraient’ (OCV, t.12, p.62-63). L’évêque Bossuet est certes un prédicateur respecté, auteur des Oraisons funèbres et du Discours sur l’histoire universelle; mais on raconte, à tort bien sûr, qu’il a vécu marié avec une certaine Des-Vieux, et qu’un certain auteur plaisantin, St Hyacinthe, serait issu de ce mariage scandaleux… Le peintre Jean Jouvenet, élève de Le Brun, ‘a peint presque tous les objets d’une couleur un peu jaune’: c’est qu’‘il les voyait de cette couleur par une singulière conformation d’organes’ (p.212).

Il n’y a pas que des noms célèbres dans les listes consacrées aux auteurs et aux artistes qui ont marqué le siècle de Louis XIV: Voltaire cherche aussi à faire œuvre de mémoire, et s’assure que la postérité n’oublie pas le nom de ces petits poètes, historiens érudits, chroniqueurs, traducteurs, dont la muse ou le labeur ont aussi contribué à faire du Grand Siècle le ‘chef-d’œuvre de l’esprit humain’.

Voltaire à Chabanon, 16 avril 1768, D14955).

Voltaire à Chabanon, 16 avril 1768 (D14955).

Le nom de Voltaire, qui a écrit ses premiers poèmes alors que le vieux roi était toujours en vie, aurait dû selon toute logique figurer dans le ‘Catalogue des écrivains’. Modestie oblige, il n’y est pas, mais ce n’est pas sans clin d’œil: en effet, après la dernière notice, consacrée à Voiture, Voltaire écrit: ‘Ce n’est pas la peine de pousser plus loin ce catalogue’…

– Jean-Alexandre Perras

The Œuvres complètes de Voltaire are nearly fifty years old

John Renwick has been a member of the ‘Œuvres complètes de Voltaire’ team since 1970, and of its Conseil scientifique since 1997. Within OCV, he has edited over fifty individual texts, from ‘Amulius et Numitor’ (1711) to the ‘Fragments sur l’histoire générale’ and the ‘Fragments sur l’Inde’ (1773). He has signed the edition of twenty-eight articles in the ‘Questions sur l’Encyclopédie’ and forty-five chapters of the ‘Essai sur les mœurs’, and more than sixty entries for the forthcoming volume 9 of the ‘Corpus des notes marginales’. He is the editor of the major text ‘Traité sur la tolérance’.

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In a recent contribution (September 2016), Jeroom Vercruysse, the editor of Voltaire’s mock epic poem La Pucelle and many other texts since, reminds us of how he and a small number of colleagues were invited by Theodore Besterman to start producing a critical edition of Voltaire’s complete works. In it, he remembers – though fleetingly – how those ‘Founding Fathers’ translated their early aspirations into the concrete formulation of editorial policy. He mentions also their early recognition that such a vast corpus of work would require their having recourse to ‘d’autres dix-huitiémistes afin d’assurer la préparation et la publication de textes si divers’. And he concludes his reminiscences with the observation that ‘nous envisageons la sortie des derniers volumes vers 2020’.

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His comments could not fail to elicit a positive response from this particular reader, who was one of the early second-generation recruits to be approached by Theodore Besterman (in 1970, I was a mere 31-year-old, the same age as Jeroom at the inception of the Œuvres complètes in 1967) and who, decades later (again like Jeroom), is still intimately associated with the enterprise which he also (just as fervently) hopes to see to its completion in 2020.

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It is, however, and more precisely, the comments that Jeroom makes en filigrane about the original editorial approaches that embolden me to return to, and then to expand upon, a topic (that I first treated in 1994 [1]) that now – more than twenty years later – concerns more particularly the constant evolution of the original editorial principles over the fifty years that have intervened since inception in 1968 with the Notebooks, edited by Besterman, then in La Philosophie de l’histoire, edited by J.H. Brumfitt in 1969. Having constantly been a party to a redefinition and an expansion of those editorial parameters, I have been privileged, from beginning to what is now near-end, to witness the refinement of those parameters, a progressive process that has been responsible for making the OCV into what is arguably one of the most significant and thoughtful scholarly ventures of the twentieth and twenty-first centuries.

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The fact that it has also transpired to be a ‘formidable aventure intellectuelle’ makes it even more remarkable. How and why this came about is worth charting in a preliminary sketch that will one day (or so it is to be hoped) provide the impetus for someone to turn the whole question into a detailed study, because, in the time-honoured phrase, this topic is surely a beau sujet de thèse.

– John Renwick

[1] See John Renwick, ‘The Complete works of Voltaire: a review of the first twenty-five years’ in Pour encourager les autres. Studies for the tercentenary of Voltaire’s birth 1694-1994, SVEC 320, p.165-207.

Voltaire editor, edited and re-edited

The first posthumous edition of Voltaire’s complete works, printed in Kehl in 1784 and financed by Beaumarchais, was recently the subject of a 900-page thesis (Linda Gil, Paris-Sorbonne, 2014). The latest volume of the Œuvres complètes de Voltaire, not lagging far behind, at 604 pages, also started life with this 70-volume edition as its focus, in particular the nearly 4000 pages that make up what the editors call the ‘Dictionnaire philosophique’. Under this title, made up in large part of Voltaire’s 1764 Dictionnaire philosophique portatif (later La Raison par alphabet) and the 1770-1772 Questions sur l’Encyclopédie, the Kehl editors included a number of previously unknown articles and fragments.

A manuscript of one of the texts in this volume (article ‘Ame’, in the hand of Voltaire’s secretary, Wagnière). Bibliothèque de Genève, Musée Voltaire: MS 34/1, f.1.

A manuscript of one of the texts in this volume (article ‘Ame’, in the hand of Voltaire’s secretary, Wagnière). Bibliothèque de Genève, Musée Voltaire: MS 34/1, f.1.

Our edition of these texts attempts to pin down what they were, when (and whether) Voltaire wrote them, whether certain groups can be discerned amongst them, and to what degree the printed record of the Kehl edition reflects the manuscripts that were actually found after Voltaire’s death – as much as is still possible, that is, after two hundred years have elapsed, and when most of the manuscript sources have long since disappeared.

As the volume moved through the stages of the editing and publishing process, it proved to be a protean thing, changing shape several times: some texts originally included in the original list of contents were found not to belong in the volume after all; others were discovered or moved in from elsewhere along the way; and once or twice new manuscripts unexpectedly came to light, changing the tentative dating and identification of one or another of the texts. What began as a simple alphabetically ordered series of about 45 texts eventually took shape as a book in four sections (of uneven length) which covers the ground of all posthumous additions to Voltaire’s ‘alphabetical works’, usually under the title ‘Dictionnaire philosophique’, from 1784, through the nineteenth-century, right up to the present day, in the form of a fragment that has in fact never before been published at all.

The chain of editorial decision-making goes further back in time than one initially realises, however, starting with Voltaire’s own apparent intention to produce a compendium of excerpts from other people’s works. As Bertram Schwarzbach adumbrated in 1982, twenty-four of the texts in this volume (with a possible twenty-fifth), show Voltaire (or one of his secretaries, perhaps?) re-working existing writings by others in what sometimes strongly resembles current practices of copying and pasting, much as we move sentences and parts of sentences around using a word processor. This in no way suggests that Voltaire was guilty of plagiarism: to begin with, he did not publish these re-workings in his own lifetime; furthermore, the boundaries of editing, re-publishing and re-purposing in the late eighteenth century were different than they are today. But the fact that these manuscripts were found amongst Voltaire’s papers meant that his early editors believed them to be by him (with one exception, ‘Fanatisme’, which they recognised as an abridged version of Deleyre’s Encyclopédie article). Thus were these texts eventually published under Voltaire’s name in the Kehl edition, leading to a (partly) unintentional distortion of the Voltairean canon, perpetuated in all subsequent editions until the Oxford Œuvres complètes. Questions such as these are soon to be addressed more generally in a one-day conference: ‘Editorialités: Practices of editing and publishing’, and Marian Hobson has written elsewhere about the value of critical editions. It is in part thanks to modern-day editorial work that the editor-generated puzzles of over two centuries ago are now being unpicked: a neat illustration of just how much the role of editor has changed in that time.

– Gillian Pink

OCV update: Focus on Louis XIV

Bonne rentrée! This September marks a milestone for the OCV team as we publish the final chapters of our critical edition of Voltaire’s Siècle de Louis XIV (OCV, vol.13D), in which Voltaire explores the cultural history of the reign, including chapters on religious conflict and sectarianism as well as on achievements in the scientific, artistic and literary spheres. This volume completes the critical edition of the narrative of this monumental work, representing over 1500 pages of Voltaire’s text and editorial notes. The general editor, Diego Venturino, has meticulously pieced together Voltaire’s sources and analysed the context in which he worked and the way he sifted evidence to provide a revealing and comprehensive account of Voltaire’s historical method. We’re very happy with how handsome they look on our shelf, as well as proud of the diligence and hard work that has gone into making them just as magnificent on the inside.

13abcd

We were also really pleased this summer to launch an update to our explorer’s guide to Louis XIV. We wanted to provide a resource which would enable the scholarly research in the books to reach a wider audience, as well as giving some of the background to one of the most remarkable monarchs in European history. When the BBC series Versailles hit our screens earlier in the summer, we thought it would be interesting to explore some of the characters and events featured in the series from the viewpoint, not so much of ‘were they really like that?’ but ‘what did Voltaire have to say about them?’. It’s striking how many of the eye-catching incidents can be traced back to him, and we’ve enjoyed exploring how much further some of the hints provided by Voltaire and other historians have been stretched by the mischievous programme-makers.

As joint ‘secretaries’ of the edition, both working part-time and fitting in family commitments around our work on Voltaire, Pippa Faucheux and I have been particularly pleased that we’ve been able to keep the continuity over the summer, working closely with our valued collaborators, including general editor Professor Venturino and our partners at the Palace of Versailles, as well as our indexer, typesetters and printers in the UK. We’re now excited about moving on to get to grips with the fascinating ‘Catalogue des écrivains’, the Who’s Who of Louis XIV’s world that launches the reader into the narrative of the Siècle, for publication in spring 2017 (OCV, vol.12).

– Alison Oliver