Apprivoiser ses livres: Voltaire ‘marginaliste’

Les marginalia sont un phénomène auquel on s’intéresse de plus en plus, comme l’illustre par exemple le répertoire Annotated Books Online. Paradoxalement, à une époque où il est souvent mal vu d’écrire dans ses livres, d’en corner les pages, ou de les déchirer, les historiens du livre étudient les traces de lecture anciennes et montrent que défigurer un livre peut lui donner du prix, comme le reconnaît Andrew D. Scrimgeour, responsable des bibliothèques à Drew University au New Jersey. Les auteurs J. J. Abrams et Doug Dorst, pour leur part, ont trouvé dans la pratique des notes marginales une structure et un thème propices pour un roman.

Jean Racine, Œuvres, t.2, p.423. Bibliothèque nationale de Russie.

Jean Racine, Œuvres, Paris, 1736, t.2, p.423. Bibliothèque nationale de Russie.

‘Je voudrais bien savoir quel est l’imbecille […] qui a défiguré par tant de croix et qui a cru rempli de fautes le plus bel ouvrage de notre langue’: c’est ainsi que Voltaire réagit en marge aux traces qu’un autre a laissé dans son exemplaire des Œuvres de Racine. Mais dès qu’il devient lecteur à son tour, tout est possible. Sur une période de plus de cinquante ans, Voltaire a écrit dans les livres qui passaient entre ses mains: c’est le sujet de ma monographie, Voltaire à l’ouvrage, tout récemment parue. En tant qu’auteur célèbre, il a compris que ces traces avaient de la valeur et il lui arrivait d’offrir des exemplaires annotés à d’illustres connaissances et à des personnes de son entourage. Il a peut-être même pressenti qu’on allait s’intéresser à sa bibliothèque après sa mort, car certains commentaires marginaux semblent attendre un lecteur futur: ‘tout cela est de moy / jecrivis cette lettre’, note-t-il à côté d’un texte que Jean-François, baron de Spon cite comme ayant été présenté aux Etats-Généraux de Hollande en octobre 1745 – une espèce de ‘j’y étais!’ laissé pour la postérité.

Jean François, baron de Spon,Mémoires pour servir à l’histoire de l’Europe, depuis 1740 jusqu’à la paix générale signée à Aix-la-Chapelle, t.3, p.51. Bibliothèque nationale de Russie.

Jean François, baron de Spon, Mémoires pour servir à l’histoire de l’Europe, depuis 1740 jusqu’à la paix générale signée à Aix-la-Chapelle, Amsterdam, 1749, t.3, p.51. Bibliothèque nationale de Russie.

Tous les marginalia de Voltaire contenus dans les livres de sa bibliothèque personnelle sont désormais disponibles: le neuvième tome du Corpus des notes marginales vient de paraître. Cette publication clôt le premier volet du projet commencé pendant les années 1960 à la Bibliothèque nationale de Russie. (Un dixième tome fournira les traces de lecture de Voltaire qu’on connaît en dehors de sa bibliothèque.) Le Corpus, dont la publication a été reprise dans les Œuvres complètes de Voltaire sous la direction de Natalia Elaguina à partir des années 2000, donne à chacun la possibilité de se plonger dans l’univers des lectures de Voltaire, monde à moitié imprimé, à moitié manuscrit, et constitue un outil formidable pour redécouvrir cet auteur pourtant déjà si connu.

Les traces de lecture de Voltaire permettent de traquer les origines de ses propres textes, grâce aux signets, aux soulignements et aux réactions en marge qui marquent des passages qu’il cite, qu’il conteste ou qu’il transforme dans ses écrits. Les notes comprennent des réactions ludiques et polémiques qui désorganisent parfois la lecture de l’imprimé, tels ses ajouts manuscrits à la page de titre des Erreurs de Voltaire de Claude-François Nonnotte, et des corrections qu’il a faites pour des amis (à paraître dans le tome 10 du Corpus).

Claude-François Nonnotte, Les Erreurs de Voltaire. Bibliothèque nationale de Russie.

Claude-François Nonnotte, Les Erreurs de Voltaire. Bibliothèque nationale de Russie.

Les rapports que Voltaire entretient avec ses livres sont fortement ancrés dans la matérialité de l’objet. Ainsi, il introduit des plis, des entailles dans le papier, il exploite adroitement les différents espaces blancs à sa disposition, il démembre des volumes, les refait à sa manière, il utilise encres, crayon de plomb, sanguine, et crayons de couleurs pour laisser ses traces sur la page. Voltaire aurait apprécié les fonctions de recherche et de repérage offertes par le Kindle, les fichiers pdf et autres manifestations du numérique. Ces technologies permettent de joindre des annotations au texte, mais n’accordent pas les mêmes possibilités d’un corps à corps qui caractérise la lecture telle qu’il l’a pratiquée. Dans Voltaire à l’ouvrage, je me penche également sur les lectures faites dans différentes langues, et sur le style et la poétique des annotations marginales. C’était l’occasion aussi de comparer les marginalia de cet auteur à ceux d’autres lecteurs de l’époque, ce qui fournit un contexte et permet de mesurer l’originalité, ou non, des pratiques voltairiennes.

Gillian Pink

Advertisements

Natalia Elaguina décorée

Madame Natalia Elaguina a été décorée de l’ordre des Arts et des Lettres au grade de chevalier le 18 novembre dernier au Consulat général de France à Saint-Pétersbourg. L’équipe de la Voltaire Foundation lui adresse toutes ses félicitations.

De gauche à droite: Hughes de Chavagnac, Consul général de France à Saint-Pétersbourg; Natalia Elaguina; Pascal Liévaux, du ministère de la Culture et de la Communication

Natalia Elaguina est conservatrice en chef du département des manuscrits occidentaux à la Bibliothèque nationale de Russie à Saint-Pétersbourg. Elle est directrice de publication du Corpus des notes marginales de Voltaire, vaste projet éditorial entamé en 1979 et poursuivi en collaboration avec la Voltaire Foundation depuis une dizaine d’années, et pour lequel elle a joué un rôle déterminant. Il recense les notes et les traces non-verbales laissées par Voltaire en marge des ouvrages de sa bibliothèque personnelle, conservée à Saint-Pétersbourg depuis la mort de l’écrivain. Les neuf volumes du Corpus recensent les traces de lecture sur 1687 ouvrages, dont certains sont copieusement annotés. En plus de la reproduction en quasi-facsimilé de tous ces marginalia et ces traces, chaque volume contient des centaines de notes des éditeurs qui expliquent les liens entre les lectures et les annotations de Voltaire, d’une part, et son œuvre, de l’autre. Les cinq premiers volumes ont fait l’objet d’une première publication à Berlin-Est avant que toute la collection soit intégrée aux Œuvres complètes de Voltaire d’Oxford en 2006. Mme Elaguina a raconté l’histoire fascinante de ce projet dans un article publié dans la Revue Voltaire. Nous avons collaboré ensemble aux volumes 6 (2006), 7 (2008), 8 (2012), et le neuvième et ultime volume, actuellement en cours de préparation, paraîtra au printemps prochain.

Un grand merci, et encore bravo Natalia!

– Nicholas Cronk, Janet Godden, Georges Pilard, Gillian Pink

The Représentation aux Etats de l’Empire: a new addition to the Œuvres complètes de Voltaire

In the autumn of 1744, amidst the turmoil of the War of the Austrian Succession, an anonymous, rather lengthy pamphlet entitled Représentation aux Etats de l’Empire appeared in print. It addressed the members of the Reichstag (the Imperial Diet) and urged them to take sides with Charles VII, Holy Roman Emperor, against Maria Theresa, Archduchess of Austria and Queen of Hungary and Bohemia. The Représentation circulated widely across Europe, and copies can still be found in Germany, Sweden, Slovakia, and the Netherlands, as well as in France. However, the sudden death of Charles VII on 20 January 1745 rendered the project expounded in the Représentation utterly impracticable, thus dooming the pamphlet to be quickly forgotten.

Page 1 of Représentation aux Etats de l’Empire, 1744 (image Gallica).

Page 1 of Représentation aux Etats de l’Empire, 1744 (image Gallica).

The Représentation briefly resurfaced in 1887, when Jacques-Victor-Albert, duc de Broglie, republished the pamphlet in the first issue of the Revue d’histoire diplomatique. De Broglie identified the author of the pamphlet as none other than Voltaire, and made the further claim that the latter had produced the text at the request of the marquis d’Argenson, then Secretary of State for Foreign Affairs. Nevertheless, probably because de Broglie provided very little evidence to support his argument for Voltaire’s authorship, the Représentation again failed to garner long-lasting attention and, to the best of my knowledge, no further mentions of it were made in Voltairean scholarship.

Nicolas-Charles-Joseph Trublet.

Nicolas-Charles-Joseph Trublet.

In July 2015, however, I made a discovery that was to shed new light on this question. As I was working in the Archivio di Stato di Firenze, I found 170 letters from Nicolas-Charles-Joseph Trublet to Luigi Lorenzi, French Resident Minister to the Grand Duchy of Tuscany. Many of these letters provide insights into Voltaire’s activities in the 1740s. A letter dated 1 March 1743, in particular, the main subject of which is Voltaire’s comédie-ballet La Princesse de Navarre, proceeds explicitly to mention Voltaire as the author of the Représentation aux Etats de l’Empire.

After unearthing this document, I decided to investigate further. Off I went to Paris, and after a few days of research at the Archives du Ministère des Affaires Etrangères, the papers of Malbran de Lanoue (French ambassador to the Imperial Diet from 1738 to 1749) yielded a manuscript of the Représentation aux Etats de l’Empire. This manuscript is not in Voltaire’s hand, nor in that of any of his known secretaries. However, it bears several corrections which are in his hand. Furthermore, a marginal note on the front page reads: ‘cet écrit est du poète Voltaire’.

Study of this manuscript soon revealed significant similarities with other Voltairean texts, notably the Histoire de la Guerre de 1741, the Précis du siècle de Louis XV and the Mémoires pour servir à la vie de Monsieur de Voltaire. It also showed, however, remarkable differences from the text of the 1744 print edition that de Broglie had republished in the Revue d’histoire diplomatique in 1887. Another manuscript which I found amongst de Lanoue’s papers – the ‘Remarques de M. de Bussy sur l’écrit intitulé Représentations [sic] aux Etats de l’Empire de M. de Voltaire de novembre 1744’ – revealed that the manuscript of the Représentation had in fact been sent to diplomat François de Bussy for revision, before it was sent to press in 1744.

A manuscript with corrections in Voltaire’s hand, a marginal note unequivocally asserting Voltaire’s authorship, several textual similarities with other Voltairean works, an endorsement from Trublet… There seems to be sufficient evidence to include the Représentation aux Etats de l’Empire in the Œuvres complètes de Voltaire! [1]

– Ruggero Sciuto

[1] A critical edition of the Représentation aux Etats de l’Empire will be published in the forthcoming volume 29 of the Voltaire Foundation’s Œuvres completes de Voltaire, alongside Janet Godden and James Hanrahan’s edition of the Précis du siècle de Louis XV. In a brief introduction, I shall provide further evidence of Voltaire’s authorship and details on the pamphlet’s complex publication history. I shall also discuss the relationship between the Représentation and other diplomatic despatches that Voltaire penned on behalf of the marquis d’Argenson in the mid-1740s – e.g. the Lettre du Roi à la Czarine pour le projet de paix of May 1745, the Manifeste du Roi de France en faveur du prince Charles Edouard of December 1745 and, most importantly, the Représentations aux Etats-Généraux de Hollande (all three texts are already available in the Œuvres complètes). Finally, I shall consider François de Bussy’s interventionist approach in preparing Voltaire’s manuscript for publication, which further complicates the crucial question of authorship.

Quand Voltaire lisait Vauvenargues: conseils prodigués à un ami

Vauvenargues1

Sculpture de Vauvenargues par Henri Pontier (1842-1926) en 1881 (Aix, Musée Granet; photo: Ch. Heirieis).

Voltaire est connu pour avoir annoté une grande partie des livres de sa bibliothèque personnelle, et la Voltaire Foundation édite, en collaboration avec nos collègues à la Bibliothèque nationale de Saint-Pétersbourg, la transcription complète des annotations. Certains volumes avec notes marginales, échappés de la bibliothèque de l’écrivain, ou offerts par lui à des amis, sont cependant conservés dans d’autres lieux. Tel est le cas d’un exemplaire de l’Introduction à la connaissance de l’esprit humain (1746), de Luc de Clapiers, marquis de Vauvenargues, conservé à la Bibliothèque Méjanes à Aix-en-Provence, patrie de l’auteur. Il a été question de ce volume à une conférence lors des Journées du Patrimoine 2015, le samedi 19 septembre, à la Méjanes, pour fêter le tricentenaire de la naissance de Vauvenargues. A notre connaissance, c’est le seul volume annoté avec l’intention expresse de rendre l’objet corrigé et commenté à l’auteur afin qu’il puisse en faire une seconde édition. Vers le mois de février 1746, Voltaire a reçu son exemplaire de l’ouvrage que son ami venait de publier: J’ai passé plusieurs fois chez vous pour vous remercier d’avoir donné au public des pensées au-dessus de lui. […] Je n’ai lu encore que les deux tiers de votre livre. Je vais dévorer la troisième partie. [1] La lettre envoyée quelques mois plus tard montre qu’il a été convenu que Voltaire proposerait des corrections et des suggestions en vue d’une seconde édition: J’ai crayonné un des meilleurs livres que nous ayons en notre langue, après l’avoir relu avec un extrême recueillement. J’y ai admiré de nouveau cette belle âme si sublime, si éloquente et si vraie, cette foule d’idées neuves, ou rendues d’une manière si hardie, si précise, ces coups de pinceau si fiers et si tendres. Il ne tient qu’à vous de séparer cette profusion de diamants de quelques pierres fausses, ou enchâssées d’une manière étrangère à notre langue. Il faut que ce livre soit excellent d’un bout à l’autre. Je vous conjure de faire cet honneur à notre nation et à vous même, et de rendre ce service à l’esprit humain. Je me garde bien d’insister sur mes critiques. Je les soumets à votre raison, à votre goût et j’exclus l’amour propre de notre tribunal. [2] L’objet ‘crayonné’ demeure, et les traces au crayon et à l’encre laissent deviner par moments la chronologie de l’annotation. Les rares notes au crayon de plomb, à peine lisibles aujourd’hui, proviennent vraisemblablement de la première lecture, avant que Voltaire ne se décide à remettre l’exemplaire annoté à l’auteur. Parmi elles, quelques-unes sont apparemment inachevées et sibyllines, mais parfaitement compréhensible celle où Voltaire s’exclame ‘comment a-t-on pu faire si bien étant si jeune!’. Vauvenargues avait en effet trente ans au moment de la publication de son ouvrage (il meurt l’année suivante).

Introduction à la connaissance de l’esprit humain, p.156.

Introduction à la connaissance de l’esprit humain, p.156 (Bibliothèque Méjanes).

D’autres éléments matériels montrent qu’il y a bel et bien plusieurs strates d’annotation: la couleur des encres et la taille des caractères sont la preuve qu’après une première lecture (au cours de laquelle il note, à propos d’une déclaration du cardinal de Retz, ‘exemple qui ne prouve pas qu’il faut risquer des fautes’), Voltaire nuance sa pensée (en précisant, à l’aide d’une encre plus foncée: ‘mais qu’il faut se faire valoir’; voir l’illustration ci-contre). Voltaire disait vrai quand il écrivait à l’auteur ‘j’exclus l’amour-propre de notre tribunal’. On y trouve des louanges, certes (de nombreux ‘bien’ et ‘beau’, un ‘admirable’…), mais le but de l’opération était de permettre à Vauvenargues de faire une nouvelle édition revue et corrigée de son texte. Aussi trouve-t-on des commentaires moins flatteurs: ‘mauvaise expression et fausse idée’, ‘chapitre plein d’idées trop communes’, ‘manque de logique’, ‘louche’, ‘trivial’. Plus on avance dans le livre, plus les annotations sont brèves, et on voit Voltaire élaborer un système d’abréviations: ‘b’ pour ‘bien’ (de temps en temps un ‘tb’), ‘m’ pour ‘mal’ ou ‘mauvais’, ‘obs’ pour ‘obscur’, ‘triv’ pour ‘trivial’. On trouve même le laconique ‘2 et 2 font 4’ pour désigner des évidences, abrégé plus loin en ‘2 et 2’.

Abréviations de Voltaire, ‘2 et 2’, ‘m’ (Introduction à la connaissance de l’esprit humain, p.360).

Abréviations de Voltaire, ‘2 et 2’, ‘m’ dans l’Introduction à la connaissance de l’esprit humain, p.360 (Bibliothèque Méjanes).

L’exemplaire aixois ne comporte pas uniquement des traces de la main de Voltaire. Une fois en possession du volume annoté, Vauvenargues le parcourut lui-même en rajoutant quelques corrections, et surtout en supprimant des phrases, voire des paragraphes entiers. Ainsi, sur l’illustration ci-contre, le ‘nous’ manuscrit qui apparaît dans l’interligne de la réflexion XXVII est de la main de Vauvenargues, et le trait vertical qui barre les trois réflexions XXV-XXVII est de lui également. Une nouvelle édition paraît en 1747, où l’on constate que les suppressions effectuées sur la première édition ont bien été prises en compte dans la seconde.

Introduction à la connaissance de l’esprit humain, p.47.

Introduction à la connaissance de l’esprit humain, p.47 (Bibliothèque Méjanes).

Souvent (mais pas toujours!) les corrections proposées par Voltaire ont été intégrées au texte de la seconde édition. Par exemple, la note marginale ci-contre suggère de tourner la phrase autrement: ‘la joie est un sentiment plus pénétrant’, et la seconde édition reproduit exactement la tournure proposée par Voltaire. Mais ailleurs Vauvenargues réécrit son texte à sa façon, ou bien prend le parti de le réimprimer tel quel. En marge de ce ‘Conseil à un jeune homme’, Voltaire demande ‘pourquoi cet air de lettres familières’ (voir illustration ci-dessous), jugeant que cette forme d’adresse, ‘mon très cher ami’, n’a pas sa place dans un livre qui n’a pas de destinataire en particulier. Cependant ces mots demeurent inchangés dans le texte de 1747.

Introduction à la connaissance de l’esprit humain, p.181.

Introduction à la connaissance de l’esprit humain, p.181 (Bibliothèque Méjanes).

L’ancien officier qu’est Vauvenargues, dont c’est le premier ouvrage, ne se laisse pas intimider par l’homme de lettres déjà fort célèbre qu’est Voltaire. Tout porte à croire que les deux hommes s’étaient liés d’une véritable amitié, et si les commentaires de Voltaire sont sans complaisance, le temps qu’il a dû y consacrer montre bien l’affection qu’il éprouvait à l’égard de son jeune confrère. Le volume aujourd’hui conservé à Aix était d’abord un don de Vauvenargues, offert à son prestigieux ami. Quand Voltaire le lui rend, il devient don de soi, de son jugement, de son temps.

– Gillian Pink

[1] Voltaire à Vauvenargues; la lettre n’est pas datée, mais Th. Besterman la situe vers le 15 février 1746.

[2] Lettre située vers le 15 mai 1746 par Th. Besterman.